Un ancien des essais nucléaires

Un ancien des Essais Nucléaires , Michel STAGLIANO…….Les adhérents de notre comité, après Hugues Aufray, Pascal Gentil, Patricia Djaté-Tallard, aujourd’hui Michel Stagliano (Appelé du contingent 62/2B et élève gradé) 78 ans, nous lui souhaitons un joyeux anniversaire. Á l’issue des 4 mois de classe au 403ème RAA à Bordeaux Michel (photo en tenue de campagne à l’époque de ses classes) se retrouve affecté le 2 janvier 1963 au Groupe des armes spéciales basé à Reggane puis au centre expérimentale des Oasis à Amguel / Eker. Arrivé après l’accident du 2ème essai (Béryl). Il occupe les fonctions de brigadier radiotéléphoniste et assiste à 3 essais nucléaires souterrains sur le site d’In Eker sur les 13 programmés. Le 1er (Emeraude), le 18 mars 1963 en tant qu’observateur, puis le 2ème (Améthyste), le 30 mars 1963 et le 3ème (Rubis), le 20 octobre 1963 en tant qu’opérateur radio pour retransmettre au PC la progression et l’intensité de la radioactivité immédiate après le tir. Ensuite, un repli pour décontamination jusqu’à élimination admissible du taux de particules radioactives. Hors les périodes d’essais, Michel était affecté à la sécurité de la base et de ses alentours. « Je suis fier d’avoir participé à ce programme d’essais qui ont fait de notre France une puissance nucléaire et respectée dans le monde des grandes nations. Je pense à tous ceux présents sur les sites sahariens depuis 1960 jusqu’en 1966 qui comme moi ont participé à cette grande expérience et qui, malheureusement sont atteints de maladies radio induites ou décédés des suites de leur séjour au Sahara » INFO. LES PREMIERS ESSAIS NUCLEAIRES DANS LE SAHARA Jeudi 2 juillet 2020 « Les Amis de la Gendarmerie » Comité Maisons-Alfort 94.3 Présence et Prestige Premiers essais nucléaires dans le Sahara de 1961 à 1966 De 1961 à 1966, 13 essais nucléaires français souterrains furent effectués à In Ecker. Auparavant, les premiers essais nucléaires français étaient effectués à Reggane, au centre du Sahara algérien et à 600 kilomètres au sud de Bechar. Mais en 1961, la France abandonne les essais aériens à Reggane à la faveur d’essais souterrains à In Ecker, pour limiter la dissémination des déchets radioactifs dans l’atmosphère, anticipant par là même le Traité d’interdiction partielle des essais nucléaires signé en 1963. Pour mener la campagne d’essais nucléaires, l’armée française créée le Centre d’expérimentations militaires des oasis (CEMO). 2 000 personnes, dépendant essentiellement du 621e groupement des armes spéciales (GAS) occupaient une base-vie à In-Amguel, à 35 km au sud d’In-Ecker, tandis que le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) occupait un camp intermédiaire, baptisé Oasis 2. Désignés par des noms de pierres précieuses, treize essais nucléaires français souterrains sont effectués au CEMO du 7 novembre 1961 au 16 février 1966. Les tirs sont réalisés en galeries, chacune étant creusée horizontalement dans un massif granitique du Hoggar, le Tan Afella. Lors du second essai souterrain, le 1er mai 1962, se produit l’accident de Béryl. Un nuage radioactif s’échappe de la galerie de tir, la roche ayant été fragilisée lors du premier essai. Les essais nucléaires se poursuivirent le 2 juillet 1966 en Polynésie française, où la marine française avait mobilisé plus de 100 bâtiments pour la construction des installations du Centre d’expérimentation du Pacifique (CEP) comprenant les sites d’essais nucléaires de Mururoa et de Fangataufa. L’ armée française a procédé à l’évacuation définitive des sites de Reggane et d’In Ecker en 1967, conformément aux dispositions des Accords d’ Évian. La base d’In Ecker fut rétrocédée à l’Algérie qui l’a mise à la disposition de la Sonarem qui venait d’être créée. Cette base centrale logistique sert toujours de soutien aux travaux de cartographie géologique et de prospection dans le Hoggar et les Tassilis. Selon un rapport parlementaire français, la population saharienne vivant dans un rayon de 100 km autour d’In Ecker ne dépassait pas deux mille personnes. De nombreux soldats français furent irradiés pendant les essais à In Ecker. 12 essais souterrains sur les 13 effectués n’ont pas été contenus et ont produit des fuites radioactives. La Gazette Nucléaire 1er mai 1962 Le 1er mai 1962, il faisait un temps admirable à In Amguel. Mais il fait généralement beau dans ce coin perdu du Hoggar, près du Bordj In Eker à environ 150 km au nord de Tamanrasset, et les levers de soleil sur le Hoggar sont inoubliables. Donc ce jour, il y avait beaucoup de monde au poste de commandement de tir, tout plein d’officiels dont Messmer le Ministre des Armées de l’époque, Palewski, des tas de généraux et d’officiers supérieurs. Les jeeps, 4 x 4 et autres 6 x 6, avaient amené de pleins chargements de barrettes et de galons. La gendarmerie avait assuré le ravitaillement en bière car il fera chaud vers 10 ou 11 heures. Personne n’avait voulu rater le spectacle car le premier tir qui avait eu lieu peu avant avait permis de jouir d’un spectacle surprenant : au moment de l’explosion – j’allais oublier de vous dire qu’il s’agit du site d’expérimentation nucléaire du Sahara, site distinct de celui de Reggane où furent effectués les premiers essais aériens – la montagne se secoue de sa poussière et les roches apparaissent avec leurs couleurs naturelles. La météo avait bien donné un avis défavorable mais «on» était passé outre, avec de nombreuses raisons : le 1er tir avait été parfaitement confiné et de plus toutes les huiles étaient présentes… alors… Vers 10 h du matin : feu. Tout d’abord une secousse, la montagne tressaute – le pauvre Tourirt Tan Afella n’avait pourtant rien demandé à personne – et puis, que voit-on, un inquiétant nuage noir qui sort. Mais ce n’était pas prévu – panique à bord – on ferme les fenêtres du poste de commandement, pour cela il faut débrancher voire couper tous les câbles qui passent par là. Et puis les équipements ne sont pas complets : il y a ceux qui ont la combinaison mais pas le masque, ceux qui ont le masque mais pas les cartouches filtrantes… Alors ce fut la débâcle, le retour à la course vers les parkings, à qui arriverait le premier à un véhicule pour se sauver, sans attendre que les autres passagers du voyage allé ne soient arrivés. Pour les bidasses qui étaient trop jeunes pour avoir connu 1940, cela leur a permis de comprendre comment certains étaient arrivés les premiers à Bordeaux !! A l’entrée de la base-vie d’In Amguel, cordon sanitaire, décontamination, douche avec décapage au savon dermacide – au teepool pour les bidasses, Messmer à poil, donc non identifiable (!!) réclamant énergiquement un pantalon et se faisant rabrouer par un gus du service de santé qui n’avait pas reconnu son ministre… Le grand cirque !! Ouf, plus de peur que de mal. Après un bon gueuleton au mess, tout ce beau monde rentre sur Paris et c’est fini. Fini pour qui? Etait-ce fini pour tous ceux qui sont restés jusqu’à la fin de l’évacuation du point zéro, car il y a quand même eu quelques militaires de carrière qui sont restés pour assurer l’évacuation de leurs hommes. Comme les films dosimètres, y compris de ceux qui étaient partis les premiers, étaient saturés à 20 Rad, on ne peut que supposer qu’ils ont pris un minimum de 20 Rad. Etait-ce fini pour les patrouilles qui bouclaient le périmètre? Pour eux ce fut plus dur. Ils étaient sans liaison radio, en poste au pied de la montagne, largués en pleine nature sous le soleil du Sahara et sous le nuage radioactif. Vous en avez vu et entendu deux témoigner à l’émission de Polak le 7 septembre. Eh oui, quand un bidasse français s’ennuie et ne sait quoi faire, comment s’occupe-t-il? Il mange! Certaines patrouilles ont cherché à rejoindre la route par laquelle ils étaient venus et pour cela, ils remontèrent le nuage. Les plus prudents portaient leur masque ce qui les sauva sûrement. Certains furent suffisamment contaminés par du sable s’infiltrant dans les vêtements et se collant à la ceinture pour qu’ils aient l’apparition de taches de rousseur – ce qui correspond, localement, à plusieurs centaines de Rad -. Combien étaient-ils au total, combien de patrouilles? Les plus touchés furent évacués le soir même sur Alger, les autres furent rapatriés huit jours plus tard et mis en observation à l’hôpital Percy où la Maréchal Leclerc vint gentiment leur tenir la patte. Mais était-ce fini pour les trouffions du génie, pour ceux du 621e GAS (Groupe d’Armes Spéciales)… qui durent travailler ensuite sur le site pour dégager l’accès de la galerie. Et ces gars qui conduisaient en plein soleil les balayeuses pour enlever les débris de lave sur la route d’accès à la galerie… Et encore, nous ne comptons pas les gens de la D.A.M. , maîtres d’œuvre de la manip. et qui ont pris aussi leur ration. Pour eux la situation est relativement plus claire, en ce sens qu’ils sont suivis médicalement par le CEA et que, grâce aux sections syndicales, ils pourront de leur vivant ou post mortem essayer de se faire reconnaître en accident du travail et ainsi essayer de permettre à leur veuve de toucher une pension – essayer car même là c’est dur à obtenir. Mais pour les trouffions du contingent, qu’en est-il? Rien. Les dossiers médicaux militaires, lorsqu’ils existent, sont confidentiels, secrets, qui sait, « confidentiel défense », combien de ces militaires n’ont même pas subi une hémato (numérotation globulaire) ni après l’accident, ni au moment de leur visite de démobilisation. Il faut bien dire que l’armée est d’une discrétion extrême. Les missions de prélèvement pour surveillance qui se faisaient par la suite à Tamanrasset, à Fort Polignac et jusqu’à Djanet (oui jusqu’à la pointe de la frontière libyenne, à environ 450 km de là) n’ont jamais porté que sur l’eau de la fontaine, sur des feuilles de caliotropis (que nos galonnés appelaient «l’arbre à couilles») ou des branches de tamaris, mais jamais sur les bidasses des garnisons – il ne fallait sûrement pas les inquiéter – et encore moins sur les P.L.O., prononcez «pelos», sigle bien de chez nous pour désigner les Populations Locales des Oasis (à Reggan c’était les P.L.B.T. : population locales du Bas Tohat). Pourtant ces P.L.O. représentaient un groupe à risque puisqu’ils servaient pour toutes les basses besognes sur la base, pour les travaux de terrassement … comme les polynésiens aujourd’hui. Il serait intéressant que tous les gens qui se sont trouvés à Im Amguel le 1er mai 1952 ainsi que les mois suivants, nous contactent afin que l’on puisse établir, avec des médecins, un état de santé, que l’on puisse faire un bilan des effets dus à la stupidité de nos nécrocrates. Tiens, une dernière question, le Tan Afella est-il au programme des randonnées sahariennes de quelque agence de voyage? Cela mettrait du piment pour les amateurs d’émotions fortes, car cela doit encore crachoter dans le secteur… Bonne soirée Pascal LEJEUNE « Il y a un langage compris de tous, c’est celui de l’enthousiasme (source les amis de la Gendarmerie comité Val-de-Marne)notons que Monsieur Michel STAGLIANO est adhérent également à l’ANT-TRN du Val de Marne et fidèle Porte-Drapeau

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